Menu Content/Inhalt
Quoi de neuf sur les temps de téléchargement des pages Web ? Imprimer Envoyer
Dimanche, 26 Septembre 2004 02:00

Dans un article précédent (Les temps de téléchargement : leurs effets sur les internautes ), nous vous avions parlé des effets des temps de téléchargement des pages Web sur les internautes. Dans cet article, publié en 2001, nous vous indiquions que les internautes se plaignent de la lenteur du téléchargement des pages et que cette lenteur pouvait avoir un effet négatif sur l'intérêt porté à celles-ci. Par ailleurs, nous vous indiquions aussi que la perception du temps de téléchargement d'un site pouvait être influencée par la facilité avec laquelle les internautes trouvent ce qu'ils cherchent. Les choses ne sont donc pas simples.

 

Nous savons que les temps de réponse des systèmes interactifs peuvent être source de stress pour les utilisateurs. Ce stress serait d'autant plus important qu'il serait accompagné, chez l'utilisateur, d'une incertitude quant aux effets attendus. Ces effets néfastes du travail sur ordinateur sont bien documentés (ex., Tanaka, Fukomoto, Yamamoto & Noro, 1988 ; Gao et al., 1990). En est-il de mème pour les temps de téléchargement des pages Web ?

Pour tenter de jeter un peu de lumière sur ces aspects, Trimmel, Meixner-Pendleton et Haring (2003) ont invité 26 étudiants (14 femmes et 12 hommes) âgés de 20 à 30 ans à participer à une étude au cours de laquelle il leur était demandé de répondre à trois questions. Les participants devaient trouver les réponses à ces questions sur Internet. La première question concernait l'histoire du moyen âge, la deuxième les méthodes neurophysiologiques et la troisième question consistait à demander aux participants de réserver un billet d'avion, un hôtel à Londres ou de trouver de l'information sur des billets pour un match de tennis.
Les 26 étudiants ont été répartis en internautes « novices » ou « expérimentés » selon les réponses données à un questionnaire.

Les participants étaient donc assis devant un ordinateur connecté à Internet. Toutes les sessions de test ont été enregistrées sur bandes-vidéo. Ces enregistrements permettaient d'enregistrer à la fois ce qui était affiché à l'écran, mais aussi ce qui était tapé au clavier. Par ailleurs, durant le test, les chercheurs ont enregistré le rythme cardiaque et les réponses électrodermales des participants à l'aide d'électrodes.

Dans cette étude, les temps de téléchargement n'ont pas été contrôlés de manière expérimentale comme dans le cas des études citées dans l'article précédent. En d'autres termes, les temps de téléchargement n'étaient pas manipulés par les expérimentateurs. Les variations des temps de téléchargement ont tout simplement été observées et mesurées à partir des enregistrements vidéo. Il s'agissait en effet de calculer le temps nécessaire à l'apparition complète d'une page Web suite à un clic. Ainsi, pour chaque participant, des catégories de temps de téléchargement ont été identifiées, soient :
  • Téléchargements courts : 2 sec. (1,6 - 2,4 sec.)
  • Téléchargements moyens : 10 sec. (8 - 12 sec.)
  • Téléchargements longs : 22 sec. (19 - 25 sec.)
Les auteurs ont ensuite mesuré les changements des indices physiologiques juste avant les périodes d'attente, pendant celles-ci et juste après le téléchargement des pages.


Les résultats de cette étude...

En ce qui concerne le rythme cardiaque, les auteurs ont constaté qu'il augmentait pendant les périodes d'attente et qu'il diminuait après. Comme on pouvait s'y attendre les augmentations étaient fonction du temps d'attente : en d'autres termes, plus le temps d'attente est long, plus le rythme cardiaque augmente. Les attentes faibles (2 sec.) n'ont pas entraîné d'augmentations statistiquement significatives du rythme cardiaque. L'expertise des internautes n'a eu aucun effet sur les variations du rythme cardiaque : le fait d'avoir l'habitude de naviguer sur Internet ne semble ni prémunir ni surexposer les internautes aux variations du rythme cardiaque.

L'attente du téléchargement d'une page Web constitue une interruption non volontaire de l'activité des internautes. Au cours de cette attente, l'organisme est mobilisé, l'attention est soutenue, ce qui se traduit notamment par l'augmentation du rythme cardiaque.

Les réponses électrodermales ont aussi reflété cet état de stress.
Cette étude a de plus montré qu'il n'y avait pas d'habituation des réponses physiologiques. C'est ce qu'indique l'absence de différence des variations physiologiques entre les internautes « novices » et les internautes « expérimentés ».


Que conclure ?

On peut donc conclure en disant que les temps de téléchargement sont des événements qui suscitent des réponses physiologiques indicatrices de stress. Ce stress est présent quel que soit le niveau d'expérience des internautes.

Pour réduire le stress des internautes causé par des interruptions de leurs activités de recherche d'information, les temps de téléchargement devraient ètre les plus courts possibles. Dans les cas où des temps de téléchargement longs ne peuvent ètre raccourcis, il ne reste à l'internaute qu'à adopter des stratégies cognitives telles que porter l'attention sur d'autres activités. Ces stratégies nécessitent cependant des habiletés méta-cognitives qui nécessitent un apprentissage certain. La recherche d'information sur Internet risque donc d'ètre pour un bon moment, une activité stressante...


Références

Gao, C., Lu, D., She, Q., Cai, R., Yang, L., & Zhang, G. (1990). The effects of VDT data entry work on operators. Ergonomics, 33, 917-924.

Tanakata, T., Fukumoto, T., Yamamoto, S., & Noro, K. (1998). The effects of VDT work on urinary excretion of catecholamines. Ergonomics, 31, 1753-1763.

Trimmel, M., Meixner-Pendleton, M., & Haring, S. (2003). Stress response caused by system response time when searching for information on the internet. Human Factors, 45, 615-621.
 
designed by made your web.com